L’Extrême Droite du progrès

L’Extrême Droite du progrès

Cet article est une contribution de Timothée d’Éphèse.

“Le but moral de la vie d’un homme est l’accomplissement de son propre bonheur.”

Ayn Rand   

Pourquoi l’extrême droite est-elle en dissidence ? Pourquoi l’extrême droite est une opinion ultra minoritaire ? Pour plusieurs raisons que je vais tenter de voir ici.

    Premièrement, il est une constante en Europe, c’est que le nationalisme et le fascisme ne font pas longtemps le poids face à la démocratie libérale. Un régime autoritaire cèdera toujours sous les coups de boutoirs du consumérisme libéral. Le communisme/socialisme subit le même sort (on le voit aujourd’hui à Cuba et globalement dans le monde : on instaure moins facilement le socialisme qu’on en sort). Cependant, nous avons une chose à apprendre du socialisme et des diverses expériences qui en ont eu lieu. Le socialisme est beaucoup plus attractif que le fascisme, c’est un fait historique et géographique : les peuples, même non-européens, se tournent beaucoup plus facilement vers le socialisme que vers le fascisme, alors que certains d’entre eux ne connaissent quasiment pas l’industrialisation.

    Voici la cause de ce manque d’attrait pour le nationalisme traditionnel :

Pourquoi parlons-nous ?

    Le socialisme promettait la prospérité, la fin de l’exploitation, le bien être matériel et social, l’égalité. Voilà le point. Que promet l’extrême droite de son côté ? Elle promet la paix civile certes, mais au prix d’une réduction des libertés (des femmes notamment), une éthique du travail et de l’effort contraire au progrès technique dont elle se méfie, l’inégalité sociale et la frugalité.

    Je ne suis pour ma part pas opposé aux inégalités dans la société. Je considère qu’elles sont normales dès lors que la liberté et le mérite sont deux valeurs essentielles et réelles d’une société. Le libéralisme défend la même position, alors pourquoi l’extrême droite ne fait pas le poids ? Encore une fois à cause du but. Le libéralisme promet l’accès au bonheur matériel pour peu qu’on le mérite. L’extrême droite promet une vie d’effort, de frugalité et de devoir sans spécialement parler de récompense. Nous demandons en fait aux individus de choisir entre le jardin d’Eden ou la punition de Dieu, en nous plaçant côté punition divine. Ça ne tient pas la distance.

    Il faut redéfinir le projet à sa base. La dissidence doit rester dans ses promesses politiques : l’indépendance, la souveraineté, la maîtrise de son destin. Mais elle doit revoir le pourquoi de cette indépendance. Si le but est de vivre entre blancs pour les racialistes, entre chrétiens pour les tradis, mais au Moyen-Âge ou dans une société totalitaire, ça ne suffira pas.

Le pourquoi de tout projet politique doit être le bien être de la population. Cela inclut l’homogénéité ethnoculturelle puisque c’est une des conditions pour avoir une société pacifiée. Mais à l’échelle individuelle cela implique de satisfaire :

Les trois besoins de l’individu

L’égo : Il faut que l’accomplissement individuel soit valorisé par notre camp. La réussite n’est pas un tabou, encore moins un avilissement. On ne se soumet pas parce qu’on réussit. La réussite individuelle doit être un objectif affiché de la dissidence, et elle sera le moyen par lequel elle triomphera. Il faut que nous devenions puissants économiquement et socialement pour prendre du poids politique.

L’appétit : Un appétit matériel, purement consumériste. Prendre appui sur une époque où les gens ne pensaient pas qu’à s’acheter le dernier Iphone alors que celui-ci n’existait pas n’est pas un bon procédé. L’être humain a toujours voulu posséder, dès la première pierre taillée. Il ne faut pas s’opposer à la société de consommation, il faut simplement faire que la condition de cette consommation soit la réussite individuelle et non qu’elle soit subventionnée par l’État. Que quelqu’un passe le tiers de son salaire dans un téléphone ne me gêne pas tant que ce n’est pas moi qui subventionne par ailleurs son train de vie.

La libido :  Il ne faut pas se le cacher, une bonne partie des actes des individus sont motivés par le sexe. Je pense donc que la dissidence doit promouvoir la libération sexuelle. Je veux une France libérée du cul. La seule limite morale qui entre dans le sexe doit être les grands tabous : interdiction de l’inceste et de la pédophilie. L’avortement doit rester autorisé mais il faut être claire dès le départ : avorter, c’est supprimer une vie. Ensuite, chacun agit en conscience. La lutte des sexes ne doit pas avoir de place dans la dissidence. Il doit y avoir une libre concurrence pour l’accès au sexe, et l’arrêt des tentatives de contrôle et stigmatisation de la sexualité des femmes. Si le sexe les “salit”, il est normal qu’elles veuillent rester propre et que vous n’aillez plus que votre main pour pleurer.

La satisfaction de ces 3 besoins nécessite également un progrès technique inhérent à la nature même de ce qui fait l’Occident : l’esprit d’innovation. Le progrès ne doit pas être un gros mot dans nos bouches. C’est par lui que nous garderons notre indépendance et que nous assurerons une meilleure vie à nos concitoyens et aux générations futures.

    Vient ensuite le cadre politique pour accomplir. Premièrement : nous sommes réellement en démocratie. Si le peuple le désire, il a les moyens institutionnels de changer l’intégralité du personnel politique. Nous ne sommes plus en démocratie à cause des médias ? Comment dire cela alors que la France du Général De Gaulle était “un pays qui [avait] comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l’information est contrôlée par l’État” ? Aujourd’hui avec Internet, les médias ont moins de pouvoir que le bulletin d’information de l’époque. De toute façon, une bonne partie de la dissidence ne veut plus de la démocratie. Pourtant, je vais insister sur un point essentiel qui doit rester en mémoire de tout penseur de l’après victoire :

Le principe de réversibilité

Il faut à tout prix garder les institutions de la Vème République. Pourquoi ? Comme je l’ai dit, ces institutions sont solides et permettent légalement de tout changer en 2 mois si nous le souhaitions (élections présidentielles puis législatives). Le souci provient de la conscience politique du peuple.

Mais une fois au pouvoir, que faut-il faire ? Verrouiller les institutions peut paraître tentant, mais ce serait une erreur majeure. Dans la victoire, il faut savoir anticiper la défaite. Car les pouvoirs que possède l’opposition, ses moyens d’arriver au pouvoir, sont ceux dont nous disposerons lorsque la roue tournera. De plus, il est contraire à toute logique que d’empêcher la défaite plutôt que de chercher la victoire : le but étant d’offrir prospérité et bonheur à son peuple, la réussite ne peut vouloir dire que le maintien au pouvoir.

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